Colonne sèche et colonne humide : différences et obligations

Dans un immeuble de bureaux ou un parking souterrain, vous avez peut-être déjà vu une trappe métallique rouge marquée “colonne sèche” sans jamais savoir à quoi elle sert vraiment. Beaucoup d’exploitants pensent qu’il s’agit d’un équipement que leurs salariés peuvent actionner en cas de feu, comme un RIA. C’est faux, et cette confusion peut retarder l’intervention des secours au moment où chaque minute compte.

Deux équipements, deux logiques différentes

La colonne sèche est une canalisation fixe, vide en temps normal, qui parcourt verticalement un bâtiment du rez-de-chaussée jusqu’aux étages. Elle se raccorde à l’extérieur sur une prise d’eau appelée “raccord pompier”, et c’est le camion des sapeurs-pompiers qui l’alimente en eau sous pression à son arrivée. À chaque étage, une prise permet ensuite de brancher un tuyau pour attaquer le feu.

La colonne humide, elle, reste permanemment remplie d’eau sous pression, raccordée en continu au réseau. Elle équipe les bâtiments les plus élevés, où le temps de montée en pression d’une colonne sèche serait trop long pour être efficace.

Le choix entre les deux dépend de la hauteur du bâtiment :

Ces seuils et les règles de conception sont fixés par les normes NF S 61-750 et NF S 61-759, et pour les IGH par le règlement de sécurité spécifique à ce type de bâtiment.

Un équipement réservé aux secours, pas à vos équipiers

C’est le point qui pose le plus de confusion sur le terrain : une colonne sèche ou humide n’est pas destinée à être utilisée par le personnel de l’entreprise. Contrairement au RIA, conçu pour une première intervention par un salarié formé, la colonne sèche sert exclusivement aux sapeurs-pompiers lors de leur intervention.

Demander à un équipier de première intervention de brancher un tuyau sur une colonne sèche n’a donc aucun sens : sans source de pression externe, elle reste vide. Cette confusion révèle souvent un manque plus large de connaissance des équipements du bâtiment, un sujet que nous abordons en détail dans la formation Système de Sécurité Incendie (SSI), destinée aux exploitants et responsables techniques.

Les obligations qui incombent à l’exploitant

Même si vos salariés ne manipulent jamais ces colonnes, l’employeur ou l’exploitant du bâtiment reste responsable de leur bon fonctionnement. Trois obligations concrètes :

Comme pour tout équipement de sécurité incendie, chaque contrôle doit être consigné dans le registre de sécurité, avec la date, l’identité de l’intervenant et les éventuelles réserves. Une colonne sèche jamais vérifiée depuis l’installation du bâtiment, ou dont le raccord est corrodé, peut tout simplement s’avérer inutilisable le jour où les pompiers en ont besoin.

Les erreurs rencontrées en entreprise

Sur le terrain, les mêmes problèmes reviennent :

Ces défaillances ne se voient pas au quotidien. Elles ne deviennent visibles que lors d’un contrôle de la commission de sécurité ou, pire, lors d’un sinistre réel.

Former les bonnes personnes aux bons équipements

La colonne sèche ou humide illustre bien pourquoi la formation SSI ne s’adresse pas qu’aux grandes tours. Tout exploitant ou responsable technique d’un bâtiment de plusieurs niveaux doit savoir identifier les équipements présents, connaître leur usage réel et vérifier qu’ils figurent bien dans le plan de maintenance. Confondre un équipement réservé aux pompiers avec un outil de première intervention expose l’entreprise à une perte de temps critique en cas d’incendie.


Active-Formation forme les exploitants et responsables techniques à la reconnaissance et au suivi des équipements de sécurité incendie, colonnes sèches et humides comprises. Basés à Saint-Malo, nos formateurs interviennent dans toute l’Ille-et-Vilaine et en Bretagne. Contactez-nous pour organiser une session adaptée à votre bâtiment.