Hémorragie, brûlure : les gestes de premiers secours en entreprise
Dans un atelier, un chantier ou une cuisine professionnelle, les accidents les plus fréquents ne sont pas les arrêts cardiaques mais les coupures, les brûlures et les chutes. Ces situations demandent des gestes précis, différents de la réanimation cardio-pulmonaire, et souvent mal maîtrisés par un témoin non formé. Voici les réflexes qu’un Sauveteur Secouriste du Travail (SST) applique face à ces trois types d’accidents.
Hémorragie : arrêter le saignement avant tout
Une plaie qui saigne abondamment peut mettre la vie en danger en quelques minutes si le saignement n’est pas maîtrisé. Le réflexe à appliquer est simple, mais souvent mal exécuté sous le coup du stress :
- Appuyer immédiatement et fermement sur la plaie avec la main, à même la blessure si possible, ou avec un tissu propre à défaut de matériel stérile.
- Maintenir la pression en continu, sans relâcher pour “vérifier” si le saignement s’est arrêté.
- Allonger la victime si possible et surveiller son état de conscience.
- Alerter les secours en précisant qu’il s’agit d’une hémorragie, ce qui change la priorité d’intervention.
Erreur fréquente : desserrer la compression toutes les minutes pour regarder l’évolution de la plaie. Chaque relâchement relance le saignement et fait perdre le bénéfice de la pression déjà exercée. Le garrot, lui, reste un geste exceptionnel réservé aux hémorragies massives des membres, non maîtrisables par compression, et enseigné spécifiquement en formation SST.
Brûlure : refroidir vite, longtemps, et à bonne distance
Une brûlure thermique (contact, flamme, liquide chaud) continue d’endommager les tissus plusieurs minutes après le contact si elle n’est pas refroidie. Le geste de référence :
- Faire couler de l’eau tempérée (15 à 25°C, jamais glacée) sur la zone brûlée, à une distance de 10 à 15 cm, pendant au moins 15 minutes.
- Retirer bijoux et vêtements non adhérents à la peau avant que la zone ne gonfle.
- Ne jamais percer une cloque, ne jamais appliquer de corps gras, de dentifrice ou de pommade “maison” sur la brûlure.
- Couvrir avec un pansement stérile non adhérent une fois le refroidissement terminé.
| Situation | Geste correct | Erreur classique |
|---|---|---|
| Brûlure superficielle légère | Eau tempérée 15 min | Glace directe sur la peau |
| Brûlure étendue ou profonde | Refroidir puis alerter les secours | Attendre les secours sans rien faire |
| Brûlure chimique | Rinçage abondant et prolongé, retirer les vêtements imbibés | Neutraliser le produit soi-même |
| Vêtements en feu | Étouffer les flammes (couverture, faire rouler la victime) | Laisser courir la victime, ce qui attise le feu |
Dans les métiers de bouche, en boulangerie ou en cuisine professionnelle, les brûlures représentent une part importante des accidents du travail déclarés, ce qui justifie que ces gestes soient répétés en formation plutôt que supposés acquis.
Traumatisme : ne pas aggraver la blessure en voulant bien faire
Face à une chute, un écrasement ou un choc violent, le réflexe le plus dangereux est souvent celui qui part d’une bonne intention : déplacer la victime pour la “mettre plus confortablement” ou tenter de redresser un membre déformé.
- Ne pas mobiliser la victime sauf danger immédiat (feu, effondrement, circulation).
- Immobiliser la zone suspectée blessée sans forcer sur une articulation ou un os déformé.
- Interroger la victime sur la douleur, sa localisation et sa capacité à bouger, sans la faire se lever pour “tester”.
- Alerter en décrivant précisément le mécanisme de l’accident (chute de hauteur, écrasement, choc direct), une information qui oriente directement la prise en charge des secours.
Un traumatisme du rachis mal géré dans les premières minutes peut transformer une blessure réversible en séquelle définitive. C’est l’une des raisons pour lesquelles la formation SST insiste autant sur ce qu’il ne faut pas faire que sur les gestes à réaliser.
Ce que la formation SST apporte réellement face à ces situations
Ces gestes paraissent logiques une fois expliqués, mais l’expérience montre qu’un témoin non formé hésite, improvise ou agit trop tard, par peur de mal faire. La formation SST, encadrée par un référentiel INRS et validée par une certification de 24 mois, entraîne ces réflexes jusqu’à ce qu’ils deviennent automatiques, y compris sous stress. Elle complète les gestes déjà présentés dans notre article sur la PLS, la RCP et le défibrillateur, pour couvrir l’ensemble des situations d’urgence rencontrées en entreprise.
Active-Formation dispense la formation Sauveteur Secouriste du Travail directement sur site, en Ille-et-Vilaine (35) et dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée à votre effectif et aux risques réels de votre activité.