Malaise, AVC, crise cardiaque au travail : la conduite à tenir

Un collègue qui pâlit brusquement, s’agrippe à son bureau ou articule difficilement une phrase n’est pas toujours en train de “faire un malaise passager”. Dans certains cas, c’est le début d’un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’un infarctus, et chaque minute perdue avant l’alerte réduit les chances de récupération sans séquelle. Contrairement à une hémorragie ou une brûlure, ces signaux sont discrets et souvent minimisés par la victime elle-même, ce qui rend le rôle du témoin encore plus déterminant.

Pourquoi ces situations sont plus dangereuses qu’elles n’y paraissent

Un malaise “banal” (hypoglycémie, chaleur, fatigue) se résout en général en quelques minutes de repos. Un AVC ou une crise cardiaque, à l’inverse, s’aggrave avec le temps qui passe. Pour l’AVC, chaque minute sans prise en charge détruit des cellules cérébrales, et le pronostic dépend directement du délai entre les premiers symptômes et l’arrivée à l’hôpital. Pour l’infarctus, le muscle cardiaque se dégrade tant que l’artère reste bouchée.

Le piège classique en entreprise : la victime elle-même relativise (“ça va passer”, “je vais juste m’asseoir”) et le témoin, par respect ou par gêne, n’ose pas insister pour alerter. C’est précisément ce réflexe qu’une formation SST cherche à corriger : reconnaître les signes, ne pas attendre confirmation, et alerter sans délai.

Reconnaître un AVC : la méthode simple à retenir

Trois signes suffisent à repérer la majorité des AVC, sans matériel ni compétence médicale :

Si un seul de ces trois signes est présent, la conduite à tenir est la même :

Reconnaître une crise cardiaque

Les signes typiques associent souvent plusieurs symptômes, mais un seul suffit à justifier l’alerte :

SigneDescription
Douleur thoraciqueSensation d’oppression ou de serrement, souvent au centre de la poitrine, pouvant irradier vers le bras gauche, la mâchoire ou le dos
EssoufflementDifficulté à respirer sans effort particulier
SueursTranspiration abondante et soudaine, peau pâle ou grisâtre
Malaise généralNausées, vertiges, sensation de mort imminente rapportée par la victime

Chez certaines personnes, notamment les femmes et les diabétiques, les symptômes sont parfois moins francs : simple fatigue intense, douleur au dos ou à l’estomac. En cas de doute, la règle reste la même : alerter plutôt qu’attendre une confirmation.

Si la victime perd connaissance et ne respire plus normalement, il faut basculer immédiatement vers la réanimation cardio-pulmonaire et l’utilisation du défibrillateur, des gestes détaillés dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE.

L’erreur la plus fréquente : attendre “pour voir”

Sur le terrain, le principal frein à l’alerte n’est pas l’ignorance des symptômes mais l’hésitation. Un salarié SST formé sait qu’il vaut mieux un appel “pour rien” qu’un appel trop tardif. Les régulateurs du SAMU sont habitués à trier les appels et posent les bonnes questions pour orienter la réponse. Un témoin qui attend “pour ne pas déranger” retarde une prise en charge dont le délai se compte en minutes, pas en heures.

Dans une entreprise, la présence d’un SST formé et le respect des obligations liées à l’article R4224-15 du Code du Travail dans les ateliers à risque ou les chantiers de plus de 20 personnes ne suffisent pas si les collègues ne savent pas reconnaître ces signaux avant même l’intervention du secouriste désigné. C’est pour cette raison que la formation SST insiste sur la reconnaissance des symptômes autant que sur les gestes techniques.

Former ses équipes à ces réflexes

Ces situations ne préviennent pas et peuvent toucher n’importe quel salarié, quel que soit son âge. Savoir reconnaître un AVC ou une crise cardiaque en quelques secondes, et alerter sans hésiter, fait partie des compétences transmises lors de la formation Sauveteur Secouriste du Travail, validée par une certification INRS de 24 mois.

Active-Formation forme vos équipes directement sur site, à Saint-Malo et dans toute l’Ille-et-Vilaine (35), ainsi que dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée à l’effectif et aux risques réels de votre entreprise.