Risque incendie en exploitation agricole : hangars et fourrage

Un hangar de stockage qui part en fumée en pleine nuit, c’est souvent plusieurs centaines de milliers d’euros de matériel et de récolte perdus en moins d’une heure, et parfois des bêtes qui ne peuvent pas être évacuées à temps. Le monde agricole breton, avec ses exploitations laitières, ses élevages et ses cultures céréalières, cumule des facteurs de risque incendie que beaucoup de chefs d’exploitation sous-estiment, en pensant que les obligations de sécurité ne concernent que les usines ou les commerces.

Dès qu’une exploitation emploie des salariés, permanents ou saisonniers, elle est soumise aux mêmes obligations de prévention incendie que n’importe quelle entreprise.

Pourquoi les bâtiments agricoles brûlent si vite

Un hangar agricole réunit souvent les pires conditions pour la propagation d’un feu :

Les obligations légales dès qu’il y a des salariés

RéférenceObligation
Art. L4121-1 CTObligation générale de sécurité et de prévention des risques par l’employeur, y compris agricole
Art. R4227-28 CTObligation de former le personnel à la lutte contre l’incendie
Art. R4227-38 CTDésignation de personnes chargées de l’évacuation si l’effectif le justifie
Art. R4227-39 CTExercice d’évacuation à renouveler périodiquement
Art. R4227-40 CTTenue d’un registre de sécurité consignant les vérifications et exercices

Un GAEC ou une EARL qui embauche des ouvriers agricoles, même à temps partiel ou en contrat saisonnier, doit appliquer ces mêmes règles. La forme juridique de l’exploitation ne change rien à l’obligation dès qu’un lien de subordination existe avec au moins un salarié.

Points de vigilance spécifiques aux bâtiments agricoles

Nos formateurs relèvent régulièrement les mêmes situations à risque lors des interventions sur site :

Risque constatéConséquence
Bottes de foin stockées contre un mur du bâtiment d’élevagePropagation directe vers les animaux en cas de départ de feu
Cuve de gazole non routier (GNR) sans rétention à proximité d’une source de chaleurAlimentation immédiate du foyer, pollution en cas de fuite
Tableau électrique ancien exposé à la poussière et à l’humidité d’un bâtiment d’élevageCourt-circuit, échauffement de câbles
Travaux de soudure ou de meulage dans un hangar sans nettoyage préalable des poussières combustiblesIgnition immédiate par projection d’étincelles
Aucun extincteur accessible ou extincteur non vérifié depuis plusieurs annéesAucune intervention possible dans les premières minutes

Former les salariés à réagir avant l’arrivée des secours

Compte tenu du temps d’intervention des pompiers en zone rurale, la capacité du personnel présent à réagir dans les premières minutes fait souvent la différence entre un début d’incendie maîtrisé et un hangar entièrement détruit. La formation Équipier de Première Intervention (EPI), d’une durée de 7 heures, permet à un ou plusieurs salariés d’une exploitation d’identifier les extincteurs adaptés à chaque zone (poudre pour les tableaux électriques, eau pulvérisée pour le foin) et de donner l’alerte de manière structurée en précisant l’accès pour les engins de secours, souvent complexe sur un site agricole.

Les accidents liés aux engins et au travail en hauteur restent également fréquents dans le secteur. Disposer d’un Sauveteur Secouriste du Travail (SST) formé sur l’exploitation permet de prendre en charge une victime en attendant les secours, sur un site où l’ambulance met parfois plus de temps à arriver qu’ailleurs.

Ce qu’il faut retenir

Un hangar agricole cumule charge calorifique élevée, risque d’auto-échauffement du fourrage et éloignement des secours. Ces trois facteurs rendent la formation du personnel et l’entretien des moyens de première intervention encore plus déterminants que dans un bâtiment classique.

Active-Formation intervient directement sur les exploitations agricoles d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne pour former les salariés à la formation Équipier de Première Intervention et au Sauveteur Secouriste du Travail. Basés à Saint-Malo, nos formateurs se déplacent sur site, y compris dans les zones les plus rurales du 35, 22, 29 et 56.