Sécurité incendie dans les campings et l'hôtellerie de plein air en Bretagne
Un feu de broussailles qui gagne une haie, un barbecue mal éteint entre deux mobil-homes, une caravane qui s’embrase en pleine nuit sur un terrain qui accueille plusieurs centaines de vacanciers : les campings du littoral breton cumulent des facteurs de risque incendie que l’on ne retrouve pas dans un hôtel classique. La fin de saison, avec ses terrains asséchés et sa fréquentation encore soutenue en Bretagne jusqu’à début septembre, est justement le moment où ce risque reste le plus élevé.
Le camping, un ERP de type PA soumis à des règles propres
Un camping ou un parc résidentiel de loisirs qui accueille du public est classé établissement recevant du public (ERP) de type PA (établissement de plein air), au même titre qu’un parc d’attractions ou un stade. Ce classement suit la même logique que pour les autres ERP : catégorie déterminée par l’effectif accueilli, obligations de sécurité proportionnées, contrôles par la commission de sécurité compétente. Mais le règlement de sécurité applicable aux établissements de plein air tient compte d’une réalité que n’ont pas les ERP classiques : les personnes hébergées dorment dans des structures légères, dispersées sur un terrain souvent boisé ou en partie naturel, loin de toute issue en dur.
Des risques que l’on ne retrouve pas dans un bâtiment fermé
Plusieurs caractéristiques rendent le risque incendie en camping particulier :
- La proximité des installations entre elles. Mobil-homes, caravanes et tentes sont souvent implantés à quelques mètres les uns des autres. Un départ de feu sur une installation peut se propager très vite aux voisines, sans mur coupe-feu pour ralentir la progression.
- La sécheresse estivale. La végétation d’un terrain de camping breton, haies, pins, ajoncs, s’assèche fortement en été et devient un vecteur de propagation rapide en cas de feu extérieur, notamment lors des périodes de vent qui ne manquent pas sur le littoral.
- Les sources d’inflammation multiples. Bouteilles de gaz pour la cuisine, installations électriques provisoires sur les emplacements, barbecues, groupes électrogènes : le nombre de sources potentielles de départ de feu est nettement plus élevé que dans un hôtel.
- La difficulté d’accès pour les secours. Certains terrains s’étendent sur plusieurs hectares avec des voies internes étroites, parfois encombrées de véhicules en pleine saison, ce qui retarde l’intervention des pompiers si les voies d’accès n’ont pas été pensées dès la conception du terrain.
- La méconnaissance des lieux par les vacanciers. Contrairement aux salariés d’une entreprise, les campeurs ne connaissent ni les issues, ni le point de rassemblement, ni les consignes du site : tout repose sur une signalétique claire et un personnel capable de les guider.
Ce que la réglementation impose concrètement
Au-delà du classement ERP, plusieurs obligations structurent la sécurité incendie d’un camping :
- Des moyens de première intervention accessibles : extincteurs répartis sur le terrain, points d’eau ou bornes incendie selon la taille de l’établissement, en nombre suffisant pour couvrir l’ensemble des emplacements.
- Un règlement intérieur affiché rappelant l’interdiction des feux ouverts hors dispositifs prévus, particulièrement sensible en période de sécheresse et de restriction préfectorale.
- Un plan de circulation et de dégagement garantissant l’accès des secours à tout moment, y compris en pleine saison quand le terrain est complet.
- Un registre de sécurité tenu à jour, incluant les vérifications des équipements et les exercices réalisés, consultable lors du passage de la commission de sécurité.
- Un affichage des consignes et du point de rassemblement, visible depuis les zones d’hébergement comme depuis les espaces communs (accueil, bar, piscine).
L’article L4121-1 du Code du travail impose par ailleurs à l’exploitant de garantir la sécurité de son personnel, saisonnier compris, avec les mêmes exigences que pour tout salarié.
Former le personnel, y compris en pleine saison
La particularité d’un camping, c’est que l’essentiel de son personnel travaille sur une période courte, souvent recruté juste avant l’ouverture. Un agent d’accueil ou un animateur qui ne sait pas où se trouve l’extincteur le plus proche ni comment donner l’alerte perd un temps précieux face à un départ de feu. Former au minimum quelques personnes présentes en continu sur le site à la formation Équipier de Première Intervention (EPI) permet de disposer, à tout moment de la journée, d’une personne capable de réagir avant l’arrivée des secours.
Anticiper la saison suivante
La fin de saison est le bon moment pour faire le bilan : les équipements ont-ils tenu la fréquentation de l’été, le personnel a-t-il su réagir face aux incidents rencontrés, le registre de sécurité est-il complet avant le contrôle éventuel de la commission de sécurité ? Ce diagnostic, réalisé à froid, permet de préparer sereinement la réouverture du printemps prochain.
Active-Formation forme les équipes de l’hôtellerie de plein air en Bretagne à la formation Équipier de Première Intervention, avec des sessions adaptées aux contraintes des exploitants saisonniers. Basés à Saint-Malo, nos formateurs interviennent sur l’ensemble du littoral breton, de la Côte d’Émeraude au Morbihan.