Incendie de véhicule professionnel : réflexes et formation des salariés
Un commercial qui sent une odeur de brûlé au volant de sa voiture de service, un livreur qui voit de la fumée sortir du capot de son utilitaire sur un parking client, un chauffeur de poids lourd confronté à un pneu qui s’enflamme après un freinage prolongé en côte : ces situations arrivent chaque année dans des entreprises qui n’ont jamais pensé le risque incendie au-delà des murs de leurs locaux. Une flotte de véhicules professionnels reste pourtant une source d’incendie à part entière, et la plupart des salariés qui la conduisent n’ont jamais reçu la moindre consigne sur la conduite à tenir.
Un risque qui échappe souvent au document unique
Le DUERP d’une entreprise couvre en général les locaux, les ateliers, parfois l’entrepôt. Les véhicules qui circulent toute la journée en dehors du site, eux, sont rarement intégrés à cette analyse alors que l’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur d’évaluer l’ensemble des risques auxquels sont exposés ses salariés, y compris en mission ou en déplacement. Un commercial qui parcourt 30 000 km par an dans un véhicule de fonction est exposé à un risque incendie réel, distinct de celui du bureau où il passe le reste de son temps.
Ce point devient encore plus sensible pour les entreprises de transport, de livraison ou de maintenance itinérante, dont les salariés passent l’essentiel de leur journée de travail au volant, souvent seuls, loin de toute assistance immédiate.
Les causes fréquentes d’incendie sur un véhicule professionnel
Plusieurs origines reviennent régulièrement dans les sinistres déclarés aux assureurs flotte :
- Défaillance électrique : faisceau endommagé, court-circuit sur un équipement ajouté après-vente (gyrophare, attelage, hayon élévateur).
- Surchauffe mécanique : frein qui patine en descente prolongée, turbo ou catalyseur qui chauffe anormalement sur un moteur mal entretenu.
- Chargement inadapté : matières inflammables ou aérosols transportés sans ventilation ni fixation, qui s’échauffent ou se percent lors d’un choc.
- Appareils électroportatifs stockés dans le véhicule : batteries d’outillage ou de matériel professionnel qui prennent feu pendant le transport, un phénomène déjà abordé pour les vélos et trottinettes électriques d’entreprise.
- Défaut d’entretien : révision repoussée, fuite de liquide inflammable non détectée, pneu sous-gonflé qui s’échauffe sur autoroute.
Un véhicule professionnel cumule souvent plusieurs de ces facteurs : kilométrage élevé, équipements rajoutés, chargement variable selon les tournées.
Les bons réflexes en cas de départ de feu
La règle la plus importante tient en une phrase : un feu de véhicule ne s’éteint quasiment jamais à mains nues, et la priorité absolue est de sortir du véhicule, pas d’éteindre les flammes.
- Arrêter le véhicule dès les premiers signes (odeur, fumée, voyant), hors circulation si possible, moteur coupé.
- Évacuer immédiatement tous les occupants, en s’éloignant d’au moins 50 mètres, jamais derrière le véhicule.
- Ne jamais ouvrir le capot d’un moteur qui brûle : l’apport d’air accélère brutalement la combustion.
- Alerter les secours (18 ou 112) en précisant la localisation exacte, puis alerter l’entreprise.
- N’utiliser un extincteur que sur un feu naissant, accessible, sans jamais rouvrir une zone fermée pour l’atteindre.
- Signaler le danger aux autres usagers si le véhicule est sur chaussée, avec le triangle de signalisation si cela reste possible sans s’exposer.
Ces gestes paraissent évidents une fois énoncés, mais un salarié seul, stressé, face à de la fumée dans un véhicule qu’il connaît mal (véhicule de pool, utilitaire de remplacement) hésite souvent sur l’ordre des priorités. C’est précisément ce que travaille la formation Équipier de Première Intervention (EPI) : reconnaître un départ de feu, décider vite entre fuite et extinction, donner l’alerte de façon exploitable par les secours.
Équiper ses véhicules sans se substituer à la formation
Certains véhicules professionnels (transport de marchandises, transport de personnes) sont soumis à une obligation d’extincteur embarqué selon leur catégorie et leur usage. Au-delà de l’obligation réglementaire propre à chaque type de véhicule, qu’il convient de vérifier avec son assureur ou son exploitant de flotte, un extincteur dans l’habitacle ne sert à rien si le salarié ne sait pas dans quel cas s’en servir, où il se trouve réellement, ou comment le déclencher sous stress. L’équipement seul ne remplace jamais le geste formé.
Pour les entreprises dont les salariés interviennent en horaires décalés ou isolés (livraison de nuit, astreinte, chantier itinérant), ce risque se double souvent d’un défaut d’alerte rapide : personne à prévenir sur site, pas de procédure connue pour remonter l’information à l’employeur.
En résumé
Une flotte de véhicules professionnels porte un risque incendie propre, distinct de celui des locaux, et trop souvent absent du DUERP et des plans de formation. Former les salariés qui conduisent au quotidien, même sur des trajets courts, change concrètement leur réaction le jour où la situation se présente. Active-Formation intervient auprès des entreprises bretonnes pour former les équipes itinérantes et sédentaires aux bons réflexes incendie. Basés à Saint-Malo, nos formateurs se déplacent sur site dans tout le Grand Ouest pour adapter la formation EPI aux réalités de votre flotte et de vos tournées.