Éclairage de sécurité (BAES) : obligations et entretien en entreprise
Une coupure de courant en pleine évacuation, et les couloirs plongent dans le noir. C’est précisément le scénario que l’éclairage de sécurité doit empêcher. Pourtant, dans de nombreuses entreprises, les Blocs Autonomes d’Éclairage de Sécurité (BAES) sont installés au moment de la construction puis oubliés pendant des années, jusqu’à ce qu’un contrôle révèle des batteries mortes ou des voyants éteints depuis longtemps.
À quoi sert l’éclairage de sécurité
L’éclairage de sécurité a un rôle précis : permettre à toute personne présente dans un bâtiment de trouver et d’atteindre une sortie même si l’éclairage normal est coupé, que la coupure soit due à un incendie, une panne électrique ou une manœuvre des secours. Il ne remplace pas l’éclairage courant, il prend le relais quand celui-ci disparaît.
On distingue deux fonctions complémentaires :
- Le balisage : des BAES placés au-dessus des issues, le long des dégagements et aux changements de direction, pour indiquer le chemin vers la sortie
- L’anti-panique : un éclairage d’ambiance dans les locaux recevant du public, pour éviter les mouvements de foule dans le noir
Chaque bloc contient sa propre batterie, ce qui lui permet de fonctionner indépendamment du réseau électrique du bâtiment pendant une durée minimale d’une heure, conformément à la norme NF EN 60598-2-22.
Qui est concerné par cette obligation
L’installation d’un éclairage de sécurité est obligatoire dans tous les établissements recevant du public (ERP), quelle que soit leur catégorie, dès lors que l’effacement de l’éclairage normal peut gêner l’évacuation. Le règlement de sécurité incendie applicable aux ERP (arrêté du 25 juin 1980 modifié) en fixe l’implantation précise : nombre de blocs, distance maximale entre deux points lumineux, hauteur d’installation.
Dans les locaux de travail qui ne sont pas des ERP, l’obligation découle de l’article R4227-15 du Code du travail, qui impose un éclairage suffisant des dégagements pour permettre une évacuation rapide et sûre en toutes circonstances. La rédaction est moins détaillée que pour les ERP, mais l’obligation de résultat reste la même : un salarié doit pouvoir sortir sans se blesser ni se perdre.
Les bureaux, ateliers, entrepôts et locaux commerciaux sont donc concernés dès qu’ils comportent des couloirs, des escaliers ou des zones dépourvues de lumière naturelle suffisante.
BAES autonomes ou système centralisé
Deux technologies coexistent sur le marché :
| Type | Fonctionnement | Usage typique |
|---|---|---|
| BAES autonome (SATI) | Chaque bloc a sa batterie et son test intégré | PME, commerces, bureaux |
| Système centralisé | Une source centrale alimente tous les blocs via un câblage résistant au feu | IGH, grands ERP, sites industriels |
Les blocs équipés de la fonction SATI (Système Automatique de Test Intégré) signalent eux-mêmes leur état de fonctionnement par un voyant. C’est aujourd’hui la norme sur les installations récentes, car elle simplifie considérablement la maintenance : plus besoin de tester chaque bloc manuellement une fois par mois.
L’entretien : l’obligation la plus souvent négligée
Un BAES qui ne s’allume pas au moment de la coupure de courant n’est pas juste défaillant, il expose l’employeur à une responsabilité directe si un accident survient pendant l’évacuation. Les obligations d’entretien sont pourtant simples :
- Test mensuel de chaque bloc (automatique avec la fonction SATI, manuel sinon)
- Vérification annuelle par un technicien habilité, avec contrôle de l’autonomie réelle de la batterie
- Remplacement des batteries tous les 4 ans en moyenne, plus tôt si l’autonomie chute en dessous du seuil requis
- Consignation de chaque intervention dans le registre de sécurité
Sur le terrain, les cas les plus fréquents sont des blocs dont la batterie est morte depuis des mois sans que personne ne s’en aperçoive, faute de test régulier, ou des BAES masqués par une cloison ou un panneau publicitaire posé après l’installation initiale. Ces défauts passent souvent inaperçus jusqu’au jour d’une commission de sécurité, où ils peuvent suffire à déclencher un avis défavorable.
Éclairage de sécurité et formation des équipes
L’équipement seul ne suffit pas. Un salarié qui ne sait pas où se trouvent les sorties balisées, ou qui n’a jamais participé à un exercice d’évacuation dans le noir, perdra un temps précieux même avec un éclairage parfaitement fonctionnel. C’est un point que nous intégrons systématiquement dans nos sessions de formation Équipier d’Évacuation : les guides et serre-files doivent connaître le cheminement balisé aussi bien que les issues principales, pour orienter les collègues même en cas de panique.
Un exercice d’évacuation régulier, obligatoire au titre de l’article R4227-39 du Code du travail, est aussi l’occasion de vérifier que le balisage reste cohérent avec l’organisation réelle des locaux, surtout après un déménagement de mobilier ou une réorganisation d’espace.
Ce qu’il faut retenir
L’éclairage de sécurité fait partie de ces équipements qu’on ne remarque jamais tant qu’ils fonctionnent, et qui deviennent critiques dès qu’ils manquent. Un test mensuel, une vérification annuelle tracée et des équipiers formés au cheminement d’évacuation suffisent à garantir qu’il jouera son rôle le jour où il sera vraiment nécessaire.
Active-Formation accompagne les entreprises bretonnes dans la vérification de leurs équipements de sécurité et la formation de leurs équipiers d’évacuation. Basés à Saint-Malo, nos formateurs interviennent sur site en Ille-et-Vilaine (35) et dans tout le Grand Ouest. Contactez-nous pour un diagnostic de vos installations.