Évacuation des personnes à mobilité réduite (PMR) : ce que doit prévoir l'employeur

Un exercice d’évacuation sur deux oublie un point critique : que fait-on du salarié en fauteuil roulant du 3e étage quand l’ascenseur est bloqué ? Dans la panique du premier exercice réel, la réponse est trop souvent “on improvise”. Ce n’est pas une option acceptable, ni sur le plan humain, ni sur le plan légal.

L’évacuation d’une personne à mobilité réduite (PMR) ne s’improvise pas au moment du sinistre. Elle se prépare en amont, avec des rôles définis, un matériel identifié et des équipiers formés à la manœuvre. Voici comment structurer cette organisation en entreprise.

Une obligation qui découle du droit commun de la sécurité

Il n’existe pas de texte unique et isolé consacré à l’évacuation PMR : c’est l’obligation générale de sécurité de l’employeur (Art. L4121-1 du Code du Travail) qui l’impose, combinée à l’obligation de former le personnel à la lutte contre l’incendie (Art. R4227-28 CT) et de désigner des équipiers d’évacuation (Art. R4227-38 CT). Un plan d’évacuation qui ne traite pas le cas des personnes à mobilité réduite ne répond pas complètement à ces exigences, dès lors qu’un salarié, un stagiaire ou un visiteur concerné est susceptible de se trouver dans les locaux.

L’exercice d’évacuation annuel obligatoire (Art. R4227-39 CT) doit intégrer ce scénario au moins une fois, même sous forme simplifiée, pour vérifier que la procédure fonctionne réellement et pas seulement sur le papier.

Identifier les situations avant qu’elles ne se présentent

Le premier réflexe consiste à recenser, sans attendre l’urgence, les personnes susceptibles de nécessiter une aide à l’évacuation :

Ce recensement n’a pas vocation à être affiché publiquement, pour des raisons évidentes de confidentialité, mais il doit être connu des équipiers d’évacuation et régulièrement mis à jour.

Les principes d’une évacuation adaptée

L’espace d’attente sécurisé

Dans les bâtiments à étages, l’ascenseur est condamné dès le déclenchement de l’alarme incendie. Une personne en fauteuil ne peut donc pas descendre seule par les escaliers. La solution repose sur un espace d’attente sécurisé : un palier d’escalier ou une zone coupe-feu où la personne patiente, à l’abri des fumées, en attendant l’intervention des secours ou d’un binôme d’équipiers formés à la technique de portage.

Le binôme d’équipiers dédié

Chaque personne PMR identifiée doit pouvoir compter sur un ou deux équipiers d’évacuation désignés nommément, formés à la manœuvre de portage adaptée à sa situation (chaise d’évacuation, technique de transfert). Cette formation s’acquiert dans le cadre du programme Équipier d’Évacuation, qui aborde spécifiquement la prise en charge des publics à besoins particuliers.

L’alerte multisensorielle

Pour les personnes malentendantes, l’alarme sonore doit être doublée d’un signal visuel (flash lumineux) ou d’une alerte physique donnée par un collègue référent. C’est un point souvent négligé lors de la conception du système de sécurité incendie, alors qu’il conditionne directement la rapidité de réaction de la personne concernée.

Erreurs fréquentes constatées sur le terrain

Une organisation qui repose sur des équipiers formés

Une évacuation PMR réussie dépend presque entièrement de la qualité de la formation des équipiers désignés. Savoir manipuler une chaise d’évacuation, rassurer une personne en état de stress et coordonner l’action avec les autres équipiers ne s’improvise pas : cela se travaille en formation pratique, avec mise en situation réelle.

Active-Formation forme vos équipiers d’évacuation aux techniques de prise en charge des personnes à mobilité réduite, dans le cadre du programme Équipier d’Évacuation. Basés à Saint-Malo, nos formateurs interviennent sur site dans toute l’Ille-et-Vilaine et le Grand Ouest pour adapter la formation à la configuration réelle de vos locaux. Contactez-nous pour construire une procédure d’évacuation qui protège réellement tous vos salariés.