Risque incendie sur un chantier BTP : obligations et prévention

Un chantier de rénovation à Rennes a démarré un incendie à cause d’une opération de soudure près de panneaux isolants stockés à quelques mètres. Le feu s’est propagé en moins de dix minutes, détruisant une partie du bâtiment en cours de réhabilitation. Ce type de sinistre revient chaque année sur des chantiers du BTP, et il est presque toujours lié aux mêmes causes : des travaux par point chaud mal encadrés et des matériaux combustibles stockés au mauvais endroit.

Le chantier n’est pas un établissement classique. Il change de configuration chaque semaine, mélange des entreprises différentes, et accumule des matériaux inflammables (isolants, bois, solvants, gaz) dans un environnement souvent temporaire et peu structuré. Le risque incendie y est donc particulier et demande une organisation spécifique.

Les sources de risque propres au chantier

Trois causes reviennent systématiquement dans les incidents recensés sur les chantiers :

À cela s’ajoute la base vie (algecos, réfectoire, vestiaires), souvent construite en matériaux légers et rapidement inflammables, où circulent des installations électriques et parfois des équipements de chauffage d’appoint.

Le permis de feu, un outil trop souvent négligé

Dès qu’une opération de point chaud est prévue, l’entreprise intervenante doit établir un permis de feu. Ce document formalise les précautions prises avant, pendant et après les travaux :

ÉtapeMesure
AvantDégager un rayon de 10 mètres autour de la zone de tout matériau combustible
PendantPrévoir un extincteur adapté et une personne dédiée à la surveillance
AprèsMaintenir une surveillance du poste pendant au moins 1 heure après la fin des travaux

Le permis de feu n’est pas qu’une formalité administrative. C’est la trace écrite que les précautions ont bien été prises, un document qui devient déterminant en cas d’enquête après sinistre.

Ce que dit le Code du Travail

L’article L4121-1 du Code du Travail impose au maître d’ouvrage et aux entreprises intervenantes une obligation générale de sécurité, qui s’applique pleinement sur un chantier. En pratique, cela se traduit par :

Sur les chantiers de plus de 20 travailleurs, l’article R4224-15 du Code du Travail impose également la présence d’un Sauveteur Secouriste au Travail (SST), indispensable en cas de brûlure ou d’accident lié à un départ de feu.

Former les équipes présentes sur le terrain

Contrairement à un site industriel fixe, un chantier voit passer des équipes différentes selon les phases de travaux. Cela rend la prévention incendie plus difficile à maintenir dans la durée, mais ce n’est pas une excuse pour l’ignorer.

Quelques pratiques limitent concrètement le risque :

Un chantier bien préparé sur le plan incendie n’est pas seulement conforme sur le papier : il réagit correctement le jour où une étincelle part au mauvais endroit.


Vous intervenez sur des chantiers en Ille-et-Vilaine ou ailleurs en Bretagne ? Active-Formation forme vos équipes à la fonction d’Équipier de Première Intervention directement sur site, à Saint-Malo et dans les départements 35, 22, 29 et 56. Contactez-nous pour un devis adapté à votre activité.