Chute de hauteur au travail : les gestes de premiers secours à connaître
Une échelle qui glisse, un échafaudage mal fixé, un quai de chargement sans garde-corps : les chutes de hauteur restent l’une des premières causes d’accidents graves au travail, loin devant l’image du chantier à dix mètres du sol. La plupart surviennent en dessous de trois mètres, souvent sur des équipements que personne ne juge vraiment dangereux. Ce qui se joue dans les minutes qui suivent conditionne directement les séquelles, et c’est là que la formation d’un SST (Sauveteur Secouriste du Travail) fait toute la différence.
Pourquoi une chute de hauteur n’est jamais “juste une chute”
Contrairement à une coupure ou une brûlure, les dégâts d’une chute ne se voient pas toujours. Une victime qui se relève, marche et dit “ça va” peut avoir une fracture du rachis non déplacée, une commotion ou un saignement interne qui ne se révèlera que plus tard. Le réflexe de vouloir se relever tout de suite, par gêne ou pour minimiser l’incident devant des collègues, est justement ce qui peut transformer une fracture simple en lésion de la moelle épinière.
C’est pour cette raison que la conduite à tenir ne dépend pas de ce que dit la victime, mais des circonstances de la chute : hauteur, surface de réception, position au sol, perte de connaissance même brève.
Avant de s’approcher : évaluer la situation
Le premier geste n’est pas de se précipiter vers la victime mais de regarder autour d’elle :
- Y a-t-il un danger qui continue (échafaudage instable, charge suspendue, câble électrique à proximité) ?
- La victime est-elle tombée seule, ou un élément est-il tombé avec elle (outil, matériau) ?
- Peut-on l’atteindre sans se mettre soi-même en danger ?
Un sauveteur qui se blesse en voulant porter secours double le nombre de victimes à gérer. Si la zone n’est pas sécurisée, la priorité est de faire cesser le danger ou de baliser avant toute approche.
Suspicion de traumatisme : ce qu’il ne faut jamais faire
Dès qu’une chute dépasse la hauteur d’une personne, ou qu’elle s’est faite sur une surface dure, la victime doit être considérée comme un possible traumatisé du rachis jusqu’à preuve du contraire :
- Ne jamais la déplacer, sauf danger immédiat (début d’incendie, risque d’écrasement).
- Ne jamais retirer un casque si la victime en porte un, sauf en cas d’arrêt respiratoire nécessitant une manœuvre de réanimation.
- Ne jamais la rasseoir ou la remettre debout, même si elle insiste pour se relever.
- Ne jamais mobiliser sa tête ou son cou, même pour “vérifier” qu’elle va bien.
Le bon geste consiste à maintenir la tête dans l’axe du corps avec les mains, sans forcer, en attendant les secours.
Victime consciente ou inconsciente : deux conduites différentes
| État de la victime | Conduite à tenir |
|---|---|
| Consciente, parle, répond aux questions | La maintenir immobile au sol, rassurer, surveiller l’apparition de douleurs (dos, cou, bassin), alerter sans délai |
| Consciente mais confuse ou douleur au dos/cou | Ne pas bouger, caler la tête et le corps avec des vêtements ou du matériel si disponible, alerter en urgence |
| Inconsciente, respire normalement | Libérer les voies aériennes sans mobiliser la tête, surveiller la respiration en continu, alerter |
| Inconsciente, ne respire pas | Débuter la réanimation cardio-pulmonaire, décrite dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE |
Alerter : les détails qui comptent
Un appel au 15 ou au 18 efficace transmet des informations précises, pas seulement “il y a eu une chute” :
- La hauteur approximative de la chute et le type de surface de réception (béton, sol meuble, structure métallique).
- L’état de conscience de la victime et sa capacité à bouger les membres si elle le signale spontanément.
- La présence ou l’absence de saignement visible, de déformation d’un membre.
- L’adresse précise et le point d’accès le plus rapide pour les secours, souvent un détail négligé sur un site industriel étendu.
Un risque que la formation seule permet d’anticiper
Savoir immobiliser une victime sans la mobiliser davantage, reconnaître les signes qui imposent la prudence et transmettre une alerte exploitable ne s’improvise pas sous le choc d’un accident. Ces réflexes s’acquièrent et se répètent lors de la formation Sauveteur Secouriste du Travail, obligatoire notamment dans les ateliers à risque et les chantiers de plus de 20 personnes au titre de l’article R4224-15 du Code du Travail.
Active-Formation forme vos équipes directement sur site, à Saint-Malo et dans toute l’Ille-et-Vilaine (35), ainsi que dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée aux risques de chute identifiés dans votre entreprise.