Chute de hauteur au travail : les gestes de premiers secours à connaître

Une échelle qui glisse, un échafaudage mal fixé, un quai de chargement sans garde-corps : les chutes de hauteur restent l’une des premières causes d’accidents graves au travail, loin devant l’image du chantier à dix mètres du sol. La plupart surviennent en dessous de trois mètres, souvent sur des équipements que personne ne juge vraiment dangereux. Ce qui se joue dans les minutes qui suivent conditionne directement les séquelles, et c’est là que la formation d’un SST (Sauveteur Secouriste du Travail) fait toute la différence.

Pourquoi une chute de hauteur n’est jamais “juste une chute”

Contrairement à une coupure ou une brûlure, les dégâts d’une chute ne se voient pas toujours. Une victime qui se relève, marche et dit “ça va” peut avoir une fracture du rachis non déplacée, une commotion ou un saignement interne qui ne se révèlera que plus tard. Le réflexe de vouloir se relever tout de suite, par gêne ou pour minimiser l’incident devant des collègues, est justement ce qui peut transformer une fracture simple en lésion de la moelle épinière.

C’est pour cette raison que la conduite à tenir ne dépend pas de ce que dit la victime, mais des circonstances de la chute : hauteur, surface de réception, position au sol, perte de connaissance même brève.

Avant de s’approcher : évaluer la situation

Le premier geste n’est pas de se précipiter vers la victime mais de regarder autour d’elle :

Un sauveteur qui se blesse en voulant porter secours double le nombre de victimes à gérer. Si la zone n’est pas sécurisée, la priorité est de faire cesser le danger ou de baliser avant toute approche.

Suspicion de traumatisme : ce qu’il ne faut jamais faire

Dès qu’une chute dépasse la hauteur d’une personne, ou qu’elle s’est faite sur une surface dure, la victime doit être considérée comme un possible traumatisé du rachis jusqu’à preuve du contraire :

Le bon geste consiste à maintenir la tête dans l’axe du corps avec les mains, sans forcer, en attendant les secours.

Victime consciente ou inconsciente : deux conduites différentes

État de la victimeConduite à tenir
Consciente, parle, répond aux questionsLa maintenir immobile au sol, rassurer, surveiller l’apparition de douleurs (dos, cou, bassin), alerter sans délai
Consciente mais confuse ou douleur au dos/couNe pas bouger, caler la tête et le corps avec des vêtements ou du matériel si disponible, alerter en urgence
Inconsciente, respire normalementLibérer les voies aériennes sans mobiliser la tête, surveiller la respiration en continu, alerter
Inconsciente, ne respire pasDébuter la réanimation cardio-pulmonaire, décrite dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE

Alerter : les détails qui comptent

Un appel au 15 ou au 18 efficace transmet des informations précises, pas seulement “il y a eu une chute” :

Un risque que la formation seule permet d’anticiper

Savoir immobiliser une victime sans la mobiliser davantage, reconnaître les signes qui imposent la prudence et transmettre une alerte exploitable ne s’improvise pas sous le choc d’un accident. Ces réflexes s’acquièrent et se répètent lors de la formation Sauveteur Secouriste du Travail, obligatoire notamment dans les ateliers à risque et les chantiers de plus de 20 personnes au titre de l’article R4224-15 du Code du Travail.

Active-Formation forme vos équipes directement sur site, à Saint-Malo et dans toute l’Ille-et-Vilaine (35), ainsi que dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée aux risques de chute identifiés dans votre entreprise.