PLS, RCP, DAE : les 3 gestes qui sauvent une vie en entreprise
Un arrêt cardiaque perd 10 % de chances de survie par minute sans intervention. Les secours mettent en moyenne 10 à 15 minutes pour arriver sur site en zone urbaine, davantage en zone rurale. Entre l’accident et l’arrivée du SAMU ou des pompiers, seuls les témoins présents peuvent agir. Trois gestes concentrent l’essentiel de ce qui sauve des vies au travail : la PLS, la RCP et l’usage du défibrillateur. Voici comment ils fonctionnent, et surtout dans quelles situations les appliquer.
La position latérale de sécurité (PLS) : protéger une victime inconsciente qui respire
La PLS s’applique à une victime inconsciente mais qui respire normalement : malaise, perte de connaissance, intoxication. L’objectif n’est pas de la réveiller, mais d’éviter qu’elle ne s’étouffe avec sa langue ou ses vomissements en restant allongée sur le dos.
Le geste en pratique :
- Vérifier l’absence de réponse et la présence d’une respiration (regarder le thorax se soulever pendant 10 secondes).
- Tourner la victime sur le côté, tête légèrement inclinée vers le bas pour libérer les voies aériennes.
- Stabiliser la position avec le genou et le bras du dessus, de façon à ce qu’elle ne puisse pas rouler sur le dos ou sur le ventre.
- Surveiller la respiration en continu jusqu’à l’arrivée des secours.
Erreur fréquente : laisser une victime inconsciente allongée sur le dos “en attendant que ça passe”. C’est dans cette position que le risque d’étouffement est maximal, notamment en cas de vomissement.
La RCP : le geste qui double les chances de survie
Si la victime ne répond pas et ne respire pas (ou respire de façon anormale, avec des gasps), il s’agit d’un arrêt cardio-respiratoire. La seule réponse est la réanimation cardio-pulmonaire, immédiatement, sans attendre les secours.
Le massage cardiaque suit un rythme précis : 100 à 120 compressions par minute, à une profondeur de 5 à 6 cm, au centre du thorax, bras tendus. La fatigue s’installe vite : en entreprise, l’idéal est d’alterner entre deux secouristes toutes les 2 minutes pour maintenir l’efficacité des compressions.
| Situation | Geste à réaliser | Erreur à éviter |
|---|---|---|
| Victime consciente, respire | Rassurer, surveiller | Ne pas la mobiliser inutilement |
| Inconsciente, respire | PLS | La laisser sur le dos |
| Inconsciente, ne respire pas | RCP + DAE immédiat | Attendre l’arrivée des secours avant d’agir |
Un point souvent mal compris : commencer la RCP sur une personne qui respire encore, même faiblement, est une erreur qui peut aggraver son état. C’est pour cette raison que l’évaluation initiale (parler, secouer légèrement, observer la respiration) ne doit jamais être bâclée, même dans l’urgence.
Le défibrillateur automatisé externe (DAE) : un allié, pas un remplaçant
Le DAE ne remplace pas la RCP, il la complète. Dès qu’un défibrillateur est disponible, il doit être utilisé en parallèle du massage cardiaque, sans l’interrompre plus que nécessaire.
L’appareil est conçu pour être utilisé par un non-spécialiste : il guide vocalement chaque étape, analyse le rythme cardiaque et ne délivre un choc que si celui-ci est réellement nécessaire. Le secouriste ne peut pas se tromper au point de nuire à la victime, l’appareil filtre les indications avant d’autoriser la décharge.
Ce qui bloque le plus souvent en situation réelle n’est pas la technique, mais le repérage : un DAE mal signalé ou installé dans un local fermé à clé perd un temps précieux. Nous avions détaillé ce point dans notre article sur les obligations liées au défibrillateur en entreprise.
Pourquoi ces gestes s’apprennent, et ne s’improvisent pas
Sur le papier, ces trois gestes paraissent simples. En situation réelle, le stress, le bruit, la panique des collègues et la peur de “mal faire” changent tout. C’est précisément ce que travaille la formation Sauveteur Secouriste au Travail (SST) : répéter les gestes jusqu’à ce qu’ils deviennent des réflexes, et apprendre à garder une méthode claire (Protéger, Alerter, Secourir) même sous pression.
La formation SST, encadrée par un référentiel INRS, dure 14 heures et se conclut par une certification valable 24 mois, à renouveler via le MAC SST. Elle couvre l’ensemble des gestes présentés ici, ainsi que la gestion des hémorragies, brûlures et traumatismes.
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