Crise convulsive au travail : les bons gestes en attendant les secours

Un collègue qui tombe brutalement, le corps secoué de mouvements saccadés, les mâchoires serrées, parfois avec un bruit rauque à la respiration : la scène impressionne toujours, même les témoins les plus calmes. Une crise convulsive dure en général une à deux minutes, mais dans une entreprise, ces minutes-là sont souvent les plus mal gérées, entre le réflexe de vouloir “maintenir” la personne et la peur de mal faire. Un salarié formé au SST sait pourtant exactement quoi faire, et surtout quoi ne pas faire.

Ce qui se passe pendant une crise convulsive

Une crise convulsive généralisée (souvent liée à une épilepsie connue, mais pas toujours) se déroule en plusieurs phases : la personne perd connaissance, chute, puis son corps se raidit avant d’être secoué de mouvements brusques des membres. La respiration peut sembler bruyante ou irrégulière, le visage peut légèrement bleuir, et il arrive qu’il y ait une perte d’urine ou une morsure de la langue. C’est impressionnant à regarder, mais dans l’immense majorité des cas, la crise s’arrête d’elle-même en une à trois minutes, suivie d’une phase de confusion où la personne reprend conscience progressivement, fatiguée et parfois désorientée.

Le rôle du témoin n’est pas d’arrêter la crise, ce qui est impossible, mais d’éviter que la personne ne se blesse pendant qu’elle convulse.

Les gestes qui protègent

Dès les premières secousses, trois priorités :

Une fois les secousses terminées, la victime reste inconsciente ou confuse pendant quelques minutes. C’est le moment de la placer en position latérale de sécurité (PLS) si elle ne reprend pas immédiatement une respiration normale et efficace, pour éviter qu’elle ne s’étouffe avec sa salive. Le détail du geste est expliqué dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE.

Quand appeler les secours, et quand ce n’est pas nécessaire

C’est souvent la question qui bloque les témoins : faut-il alerter systématiquement ? Pas toujours, mais certains critères imposent l’appel au 15 ou au 112 sans hésiter :

SituationConduite à tenir
Première crise convulsive connue chez cette personneAlerter systématiquement
Crise qui dure plus de 5 minutesAlerter, il s’agit d’une urgence (état de mal épileptique)
Plusieurs crises qui se succèdent sans reprise de conscience entre les deuxAlerter immédiatement
Blessure visible pendant la chute ou les convulsionsAlerter
Difficulté à respirer normalement après la criseAlerter
Personne connue comme épileptique, crise habituelle, moins de 5 minutes, reprise de conscience normale ensuiteRester auprès d’elle, la rassurer, prévenir un proche ou le service de santé au travail

Dans le doute, la règle reste la même que pour tout accident : mieux vaut un appel qui se révèle superflu qu’un retard qui aggrave la situation. Le régulateur du SAMU pose les questions nécessaires pour orienter la décision.

Après la crise : la phase de confusion

La personne se réveille souvent fatiguée, désorientée, parfois avec des courbatures ou une douleur à la langue si elle s’est mordue pendant la crise. Elle ne se souvient généralement de rien. À ce stade :

Une erreur fréquente sur le terrain consiste à minimiser l’épisode une fois la crise terminée, en renvoyant la personne à son poste sans surveillance ni compte rendu au service concerné. Même sans appel au SAMU, l’incident doit être signalé pour assurer un suivi adapté.

Pourquoi cette compétence fait partie du socle SST

Une crise convulsive peut survenir chez un salarié épileptique connu, mais aussi révéler un premier épisode chez quelqu’un qui ne se savait pas concerné, parfois lié à la fatigue, au stress, à une hypoglycémie sévère ou à un traumatique crânien récent. C’est une situation que la formation Sauveteur Secouriste du Travail traite au même titre que les autres urgences vitales, avec des mises en situation concrètes pour désamorcer le réflexe de panique et transformer les gestes en automatismes.

Active-Formation forme vos équipes directement sur site, à Saint-Malo et dans toute l’Ille-et-Vilaine (35), ainsi que dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée à l’effectif et aux risques réels de votre entreprise.