Étouffement au travail : la manœuvre de Heimlich et les bons gestes

Une pause déjeuner en salle de repas, un bonbon avalé de travers en réunion, une bouchée trop rapide entre deux tâches : l’étouffement ne prévient pas et touche n’importe quel salarié, à n’importe quel moment de la journée. Contrairement à un malaise cardiaque, il laisse quelques secondes seulement pour agir avant que le manque d’oxygène ne devienne critique. Voici ce qu’un témoin doit reconnaître et faire, avant même l’arrivée des secours.

Reconnaître une obstruction des voies aériennes

Toutes les toux ne se valent pas, et confondre une obstruction partielle avec une obstruction totale conduit à des réactions inadaptées.

Le premier réflexe utile n’est pas d’agir immédiatement dans les deux cas, mais d’observer quelques secondes pour identifier lequel des deux scénarios se présente réellement.

Obstruction partielle : encourager, ne pas intervenir

Face à une victime qui tousse encore, le meilleur geste est souvent de ne pas en faire :

Erreur fréquente en entreprise : un collègue paniqué qui assène des tapes dans le dos dès les premiers signes de toux, alors que la victime évacue déjà seule l’obstruction. Ce geste n’a d’utilité que lorsque la toux devient inefficace.

Obstruction totale : la manœuvre de Heimlich

Quand la victime ne peut plus ni parler ni tousser, chaque seconde compte. La technique enseignée en formation SST se déroule en deux étapes, appliquées dans l’ordre :

  1. Les claques dans le dos : se placer sur le côté légèrement en arrière de la victime, la pencher vers l’avant, et donner jusqu’à cinq claques vives entre les omoplates avec le plat de la main.
  2. La manœuvre de Heimlich : si les claques ne suffisent pas, se placer derrière la victime, poing fermé au-dessus du nombril, l’autre main par-dessus, et exercer jusqu’à cinq compressions brusques vers l’intérieur et le haut de l’abdomen.

Ces deux séquences s’alternent jusqu’à l’expulsion du corps étranger ou jusqu’à ce que la victime perde connaissance. Si c’est le cas, il faut l’allonger au sol, alerter immédiatement les secours et débuter une réanimation cardio-pulmonaire, décrite dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE.

SituationGeste correctErreur classique
Toux efficace, victime parleEncourager, surveillerTaper dans le dos sans raison
Toux inefficace, victime ne parle plusClaques dorsales puis HeimlichAttendre, aller chercher de l’aide seul
Victime enceinte ou corpulenteCompressions thoraciques à la place de l’abdomenAppliquer la technique standard sans adaptation
Perte de connaissanceAllonger, alerter, débuter la RCPContinuer les compressions abdominales

Un geste que la formation seule permet de fiabiliser

La manœuvre de Heimlich paraît simple à décrire, mais son efficacité dépend de la position des mains, de la force et de la direction des compressions. Réalisée trop haut, trop bas ou sans la bonne inclinaison, elle perd une grande partie de son efficacité, voire blesse la victime sans dégager les voies aériennes. C’est pour cette raison qu’elle s’entraîne sur mannequin en formation, et non sur la seule base d’une description écrite.

En restauration, en boulangerie-pâtisserie ou dans tout environnement avec salle de pause partagée, le risque d’étouffement existe au quotidien. Désigner et former des salariés capables de réagir en quelques secondes fait partie des mêmes obligations qui justifient la présence de Sauveteurs Secouristes du Travail dans l’entreprise, au titre de l’article R4224-15 du Code du Travail.

Active-Formation dispense la formation Sauveteur Secouriste du Travail directement dans vos locaux, en Ille-et-Vilaine (35) et dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée à votre secteur d’activité.