Étouffement au travail : la manœuvre de Heimlich et les bons gestes
Une pause déjeuner en salle de repas, un bonbon avalé de travers en réunion, une bouchée trop rapide entre deux tâches : l’étouffement ne prévient pas et touche n’importe quel salarié, à n’importe quel moment de la journée. Contrairement à un malaise cardiaque, il laisse quelques secondes seulement pour agir avant que le manque d’oxygène ne devienne critique. Voici ce qu’un témoin doit reconnaître et faire, avant même l’arrivée des secours.
Reconnaître une obstruction des voies aériennes
Toutes les toux ne se valent pas, et confondre une obstruction partielle avec une obstruction totale conduit à des réactions inadaptées.
- Obstruction partielle : la victime tousse fort, respire encore, peut parler ou émettre des sons. Elle parvient à évacuer seule le corps étranger dans la majorité des cas.
- Obstruction totale : la victime ne peut plus parler, ni tousser, ni respirer. Elle porte souvent les mains à sa gorge, son visage devient rouge puis bleuté, et elle panique.
Le premier réflexe utile n’est pas d’agir immédiatement dans les deux cas, mais d’observer quelques secondes pour identifier lequel des deux scénarios se présente réellement.
Obstruction partielle : encourager, ne pas intervenir
Face à une victime qui tousse encore, le meilleur geste est souvent de ne pas en faire :
- L’encourager à tousser le plus fort possible, sans lui taper dans le dos ni tenter une manœuvre.
- Rester à ses côtés et surveiller l’évolution : la toux reste-t-elle efficace, ou s’aggrave-t-elle vers une obstruction totale ?
- Ne jamais donner à boire, ce qui peut faire pénétrer davantage le corps étranger dans les voies respiratoires.
Erreur fréquente en entreprise : un collègue paniqué qui assène des tapes dans le dos dès les premiers signes de toux, alors que la victime évacue déjà seule l’obstruction. Ce geste n’a d’utilité que lorsque la toux devient inefficace.
Obstruction totale : la manœuvre de Heimlich
Quand la victime ne peut plus ni parler ni tousser, chaque seconde compte. La technique enseignée en formation SST se déroule en deux étapes, appliquées dans l’ordre :
- Les claques dans le dos : se placer sur le côté légèrement en arrière de la victime, la pencher vers l’avant, et donner jusqu’à cinq claques vives entre les omoplates avec le plat de la main.
- La manœuvre de Heimlich : si les claques ne suffisent pas, se placer derrière la victime, poing fermé au-dessus du nombril, l’autre main par-dessus, et exercer jusqu’à cinq compressions brusques vers l’intérieur et le haut de l’abdomen.
Ces deux séquences s’alternent jusqu’à l’expulsion du corps étranger ou jusqu’à ce que la victime perde connaissance. Si c’est le cas, il faut l’allonger au sol, alerter immédiatement les secours et débuter une réanimation cardio-pulmonaire, décrite dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE.
| Situation | Geste correct | Erreur classique |
|---|---|---|
| Toux efficace, victime parle | Encourager, surveiller | Taper dans le dos sans raison |
| Toux inefficace, victime ne parle plus | Claques dorsales puis Heimlich | Attendre, aller chercher de l’aide seul |
| Victime enceinte ou corpulente | Compressions thoraciques à la place de l’abdomen | Appliquer la technique standard sans adaptation |
| Perte de connaissance | Allonger, alerter, débuter la RCP | Continuer les compressions abdominales |
Un geste que la formation seule permet de fiabiliser
La manœuvre de Heimlich paraît simple à décrire, mais son efficacité dépend de la position des mains, de la force et de la direction des compressions. Réalisée trop haut, trop bas ou sans la bonne inclinaison, elle perd une grande partie de son efficacité, voire blesse la victime sans dégager les voies aériennes. C’est pour cette raison qu’elle s’entraîne sur mannequin en formation, et non sur la seule base d’une description écrite.
En restauration, en boulangerie-pâtisserie ou dans tout environnement avec salle de pause partagée, le risque d’étouffement existe au quotidien. Désigner et former des salariés capables de réagir en quelques secondes fait partie des mêmes obligations qui justifient la présence de Sauveteurs Secouristes du Travail dans l’entreprise, au titre de l’article R4224-15 du Code du Travail.
Active-Formation dispense la formation Sauveteur Secouriste du Travail directement dans vos locaux, en Ille-et-Vilaine (35) et dans les départements bretons voisins (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée à votre secteur d’activité.