Incendie d'origine électrique en entreprise : causes et prévention
Une armoire électrique qui chauffe, une multiprise surchargée sous un bureau, un câble dénudé derrière une machine de production : ces situations existent dans la majorité des entreprises, souvent sans que personne ne s’en préoccupe. L’origine électrique figure pourtant régulièrement parmi les toutes premières causes de départ de feu recensées par les services d’incendie et de secours, tous secteurs d’activité confondus. Comprendre ce risque, c’est pouvoir agir avant qu’un simple échauffement ne se transforme en sinistre.
Pourquoi une installation électrique prend feu
Un incendie d’origine électrique ne survient presque jamais sans signe avant-coureur. Il résulte le plus souvent d’un enchaînement de négligences ordinaires :
- La surcharge de circuit : trop d’appareils branchés sur une même ligne, notamment via des multiprises empilées les unes sur les autres.
- Le vieillissement du câblage : isolants fragilisés, gaines fendues, connexions desserrées par les vibrations ou les variations de température.
- Les faux contacts : une borne mal serrée produit un point chaud localisé qui peut atteindre plusieurs centaines de degrés sans déclencher aucun disjoncteur.
- La poussière et les résidus inflammables : dans les ateliers, les copeaux de bois ou les poussières industrielles s’accumulent dans les armoires électriques et s’enflamment au contact d’un point chaud.
- Le matériel non adapté à l’environnement : un moteur ou un tableau électrique standard installé dans une zone humide ou poussiéreuse, sans indice de protection (IP) suffisant.
Le point commun à ces situations : elles sont invisibles au quotidien. Un câble qui chauffe légèrement derrière une cloison ou dans un faux plafond ne déclenche aucune alarme tant que la température n’atteint pas le point d’inflammation des matériaux environnants.
Ce que le Code du travail impose
L’employeur a une obligation générale de sécurité au titre de l’art. L4121-1 du Code du Travail, qui s’applique pleinement au risque électrique. Concrètement, cette obligation se traduit par des exigences précises sur les installations électriques, définies aux articles R4226-14 et suivants du Code du travail : conception conforme aux normes, maintenance en état, et surtout vérification par un organisme agréé, à la mise en service puis de manière périodique, en général annuelle.
Cette vérification périodique n’est pas une formalité administrative. Elle permet de détecter, avant qu’un sinistre ne survienne, les échauffements anormaux, les défauts d’isolement ou les non-conformités apparues au fil des modifications successives de l’installation (ajout d’une machine, extension d’un atelier, rénovation partielle). Le rapport de vérification doit être conservé et versé au registre de sécurité, au même titre que les contrôles des extincteurs ou du système de désenfumage.
Les signes qui doivent alerter
Sur le terrain, plusieurs indices précèdent presque toujours un départ de feu électrique. Former le personnel à les repérer coûte infiniment moins cher que de gérer un sinistre :
- Une prise, un interrupteur ou une multiprise anormalement chaude au toucher
- Une odeur de plastique brûlé sans source visible
- Un disjoncteur qui se déclenche de façon répétée sans raison apparente
- Des traces noires ou de la fumée légère au niveau d’une connexion
- Un grésillement ou un bruit inhabituel provenant d’une armoire électrique
- Des variations de luminosité inexpliquées sur un même circuit
Un salarié qui remonte l’un de ces signes à sa hiérarchie, plutôt que de l’ignorer parce que “ça a toujours fait ça”, peut éviter un incendie. C’est précisément ce réflexe que la formation Équipier de Première Intervention (EPI) cherche à installer : reconnaître un danger avant qu’il ne dégénère, et savoir déclencher l’alerte au bon moment.
Réagir face à un départ de feu électrique
Un feu d’origine électrique impose des réflexes différents d’un feu classique, à commencer par l’interdiction absolue d’utiliser de l’eau tant que l’alimentation n’est pas coupée : l’eau conduit le courant et expose l’intervenant à une électrisation.
La marche à suivre reste simple à condition de l’avoir répétée :
- Couper l’alimentation électrique si l’accès au disjoncteur général ou à l’interrupteur du circuit concerné est possible sans danger.
- Utiliser un extincteur CO2, seul appareil adapté à un feu électrique sous tension. L’extincteur à eau pulvérisée ou à mousse est à proscrire tant que le courant n’est pas coupé.
- Ne jamais rester à proximité d’une armoire électrique en feu sans équipement adapté : les arcs électriques et la fumée dégagée par les plastiques isolants sont toxiques.
- Déclencher l’alarme et évacuer si le feu n’est pas maîtrisé en quelques secondes.
Ces gestes, ainsi que le choix du bon extincteur selon la situation, sont détaillés dans notre article sur comment choisir son extincteur selon la classe de feu.
Une vérification technique ne remplace pas la vigilance humaine
Même une installation aux normes et vérifiée chaque année reste exposée aux usages quotidiens : une multiprise ajoutée en urgence, un ventilateur d’appoint branché en permanence, un chargeur laissé toute la nuit sur un poste de travail. Ce sont ces petites habitudes, prises isolément anodines, qui créent la majorité des situations à risque observées en entreprise.
C’est pourquoi la prévention du risque incendie électrique repose sur deux piliers indissociables : une installation entretenue et vérifiée, et des équipes formées à repérer les signaux faibles et à réagir correctement en cas de départ de feu.
Active-Formation forme vos équipes à la prévention et à la réaction face aux départs de feu, y compris d’origine électrique, dans le cadre de la formation Équipier de Première Intervention. Basés à Saint-Malo, nos formateurs interviennent dans toute l’Ille-et-Vilaine (35) et en Bretagne (22, 29, 56). Contactez-nous pour un devis personnalisé.