Sécurité incendie en bureaux et open space : obligations
Les bureaux sont souvent perçus comme des environnements à faible risque incendie. C’est une erreur de catégorie. Un open space de 30 postes concentre une quantité considérable de matériaux combustibles : câbles électriques, mobilier synthétique, cloisons légères, faux plafonds, stocks de papier. Un départ de feu sur une baie de brassage ou une multiprise surchargée peut se propager bien plus vite qu’on ne l’imagine, et souvent de nuit, quand les locaux sont vides.
Ce que montre le terrain : les incendies d’origine électrique représentent environ un tiers des sinistres en entreprise, et les bureaux y sont surreprésentés. Le feu peut couver plusieurs heures derrière un faux plafond avant de se déclarer franchement.
Ce qu’impose le Code du travail, quel que soit votre statut ERP
Que vos locaux soient ou non classés ERP (Établissement Recevant du Public), les obligations issues du Code du travail s’appliquent à tout employeur sans exception.
Art. R4227-28 CT : l’employeur doit former le personnel à la lutte contre l’incendie. Concrètement, cela signifie désigner et former des Équipiers de Première Intervention (EPI) capables d’utiliser les extincteurs, d’alerter les secours et de déclencher l’évacuation avant l’arrivée des pompiers.
Art. R4227-38 CT : des guides et serre-files (équipiers d’évacuation) doivent être désignés pour organiser l’évacuation. Dans un open space, cette désignation est rarement formalisée. C’est pourtant là que les choses se compliquent lors d’un exercice réel.
Art. R4227-39 CT : un exercice d’évacuation annuel est obligatoire. Dans les PME de bureau, c’est l’obligation la plus souvent ignorée jusqu’au contrôle de l’inspection du travail.
Si vos locaux accueillent du public (clients, partenaires réguliers, visiteurs), l’établissement peut être soumis à la réglementation ERP, avec des visites de la commission de sécurité et des obligations de signalisation renforcées. Un doute sur votre classement : renseignez-vous auprès de la mairie.
Les équipements : ce qui doit être en place
Extincteurs
La règle de base : un extincteur pour 200 à 300 m² de surface, avec au minimum un appareil par niveau. Pour les bureaux, un extincteur à eau pulvérisée avec additif convient aux feux de papier et de bois (classe A). Méfiez-vous des extincteurs CO2 dans les espaces confinés : ils présentent un risque d’asphyxie si utilisés dans un bureau fermé sans ventilation suffisante.
Pour tout savoir sur le choix d’un extincteur selon la nature du feu, consultez notre article sur comment choisir son extincteur selon la classe de feu.
Détection incendie
Dans les bureaux modernes, la détection automatique est souvent présente (détecteurs optiques en faux plafond). Leur entretien est obligatoire. Un détecteur encrassé ou non testé depuis plusieurs années ne protège personne et peut constituer une mise en cause de la responsabilité de l’employeur en cas de sinistre.
Locaux à risques spécifiques
Les salles de serveurs, locaux techniques et archives doivent être isolés. Une salle serveur dans un local non protégé cumule deux risques : électrique et documentaire. Les portes donnant accès à ces locaux doivent avoir un classement coupe-feu adapté et rester en état de fonctionnement.
La formation : le maillon le plus souvent manquant
Un extincteur visible dans le couloir ne suffit pas. Ce qui compte, c’est que des salariés désignés sachent l’utiliser, et que d’autres soient capables de guider l’évacuation sans générer de panique.
Dans un open space, les situations à risque sont prévisibles : bousculade aux issues, oubli de collègues en salle de réunion ou aux toilettes, mauvaise utilisation des sorties de secours, désorientation en cas de fumée. Un exercice mal préparé révèle systématiquement que personne ne sait vraiment qui fait quoi.
EPI et EVAC : deux formations complémentaires
La formation EPI (1 journée) forme les équipiers désignés à identifier un départ de feu, choisir le bon extincteur, donner l’alerte et amorcer l’évacuation. La formation EVAC (demi-journée) forme guides et serre-files à leur rôle spécifique : balayer les zones, compter les personnes présentes, guider vers les points de rassemblement.
Ces deux formations sont distinctes. Dans une PME de 10 à 50 salariés, il est fréquent que la même personne cumule les deux rôles, ce qui renforce encore la nécessité d’une formation sérieuse.
Consultez notre page dédiée à la formation Équipier de Première Intervention pour le détail du programme et les modalités d’intervention sur site.
Trois erreurs fréquentes dans les environnements de bureau
- Aucune désignation écrite. La désignation verbale ne suffit pas. Elle doit figurer dans le document unique d’évaluation des risques (DUER) ou une note de service interne.
- Équipier EPI et serre-file confondus. Un équipier EPI intervient sur le feu. Ce n’est pas nécessairement lui qui guide les collègues vers la sortie. Les rôles doivent être clairement répartis.
- Exercice annuel omis. Beaucoup de PME de bureau n’organisent jamais d’exercice d’évacuation. L’obligation légale existe pourtant, et son absence peut être relevée lors d’un contrôle ou retenue à charge en cas d’accident.
Vos bureaux sont situés en Bretagne et vous n’avez pas encore formé vos équipiers ? Basés à Saint-Malo, les formateurs d’Active-Formation interviennent directement sur site en Ille-et-Vilaine (35), dans les Côtes-d’Armor (22), le Finistère (29) et le Morbihan (56). Contactez-nous pour un programme adapté à la taille et à la configuration de vos locaux : contact@active-formation.fr.