Électrisation au travail : les gestes qui sauvent avant les secours
Un salarié qui touche un câble dénudé, une machine mal isolée ou une armoire électrique défectueuse : l’électrisation reste l’un des accidents du travail les plus mal gérés par les témoins non formés, en grande partie parce que le premier réflexe est souvent le mauvais. Contrairement à une hémorragie ou une brûlure, le danger ne s’arrête pas forcément quand la victime tombe. Tant que le courant circule, porter secours peut électriser le sauveteur lui-même.
Électrisation ou électrocution : une confusion qui coûte du temps
Les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre, alors qu’ils désignent des réalités différentes :
- L’électrisation correspond au passage du courant électrique dans le corps, avec des conséquences variables : brûlure, contraction musculaire, trouble du rythme cardiaque.
- L’électrocution est une électrisation qui entraîne la mort de la victime.
Cette distinction n’est pas qu’un détail de vocabulaire. Elle rappelle qu’une personne électrisée peut sembler consciente et stable juste après l’accident, puis présenter un trouble cardiaque plusieurs minutes après le contact. C’est pourquoi un appel aux secours reste systématique, même si la victime dit “ça va” et veut reprendre le travail.
Le geste absolu avant tout contact avec la victime
Avant même de penser à porter assistance, le sauveteur doit écarter le danger électrique. C’est la priorité numéro un, avant l’alerte et avant tout geste de secours :
- Couper le courant au disjoncteur, à l’interrupteur général ou en débranchant l’appareil, si l’accès est possible sans risque.
- Écarter la victime du contact électrique avec un objet isolant et sec (manche en bois, matière plastique rigide) si la coupure du courant est impossible ou trop longue à obtenir. Ne jamais toucher la victime directement tant que le courant n’est pas coupé.
- Ne jamais utiliser d’eau ni d’objet métallique pour intervenir sur une zone sous tension.
Un sauveteur qui saisit une victime électrisée à mains nues, par réflexe de porter secours, devient lui-même une deuxième victime en quelques secondes. C’est l’erreur la plus fréquente observée en situation réelle, et celle que la formation SST travaille en priorité par la mise en pratique.
Une fois le danger écarté : évaluer et alerter
Dès que le contact électrique est interrompu, la conduite à tenir rejoint les gestes classiques du secourisme, avec une vigilance particulière sur le cœur :
| Étape | Action |
|---|---|
| Conscience | Parler à la victime, vérifier si elle répond |
| Respiration | Basculer la tête, libérer les voies aériennes, observer le thorax pendant 10 secondes |
| Alerte | Appeler ou faire appeler le 15 ou le 18 en précisant “électrisation” |
| Arrêt cardiaque | Débuter immédiatement le massage cardiaque et utiliser un défibrillateur si disponible |
Le courant électrique peut provoquer une fibrillation ventriculaire qui interrompt le rythme cardiaque sans traumatisme visible. Si la victime ne respire plus ou respire anormalement, le massage cardiaque et le défibrillateur automatisé externe (DAE) doivent être mis en œuvre sans délai, exactement comme décrit dans notre article sur la PLS, la RCP et le DAE.
Les brûlures électriques, un piège trompeur
Une électrisation laisse presque toujours des marques cutanées au point d’entrée et de sortie du courant : de petites zones brûlées, parfois discrètes, qui ne reflètent absolument pas la gravité des dégâts internes. Le courant traverse les tissus profonds, les muscles et parfois le cœur, sans que la peau ne montre de lésion étendue.
- Ne jamais se fier à l’aspect superficiel de la brûlure pour évaluer la gravité.
- Couvrir les zones brûlées avec un pansement stérile, sans appliquer de produit.
- Considérer toute électrisation, même apparemment bénigne, comme un motif d’alerte des secours et d’avis médical.
Dans un atelier ou sur un chantier, un salarié “secoué” par une prise défectueuse qui reprend son poste sans consultation médicale reste un cas fréquent, et l’un des plus risqués : un trouble du rythme cardiaque peut survenir plusieurs heures après le contact initial.
Pourquoi ce risque concerne toutes les entreprises
L’électrisation n’est pas réservée aux électriciens ou aux ateliers industriels. Une multiprise défectueuse dans un bureau, un appareil électroménager en cuisine collective ou un outil portatif sur un chantier suffisent à créer une situation à risque. Les causes qui favorisent un incendie d’origine électrique sont d’ailleurs souvent les mêmes que celles qui exposent le personnel à l’électrisation, comme détaillé dans notre article sur les causes et la prévention des incendies d’origine électrique.
C’est cette proximité entre les deux risques qui justifie de former le personnel aux deux volets : reconnaître une installation dangereuse en amont, et savoir réagir si l’accident survient malgré tout.
Ce que la formation SST apporte concrètement
Face à une électrisation, l’ordre des gestes n’est pas intuitif : le réflexe naturel pousse à se précipiter vers la victime, alors que la priorité absolue est d’écarter le danger électrique en premier. La formation Sauveteur Secouriste du Travail (SST), certifiée INRS et valable 24 mois, entraîne ce réflexe jusqu’à ce qu’il devienne automatique sous le stress d’une situation réelle, aux côtés des autres gestes d’urgence : hémorragie, brûlure, traumatisme, malaise cardiaque.
Active-Formation dispense la formation SST directement sur site, à Saint-Malo et dans toute l’Ille-et-Vilaine (35), ainsi qu’en Bretagne (22, 29, 56). Contactez-nous pour organiser une session adaptée aux risques réels de votre activité.